36. c : NOAR LE CORBEAU, CONTE DE GUY JIMENES

 

 TROISIEME PARTIE : ARTICLE  36.c

"LIRE ENTRE LES LIGNES" 

A PROPOS DE : 

           "NOAR LE CORBEAU"

             CONTE DE GUY JIMENES
                    
ILLUSTRÉ PAR  PHILIPPE MIGNON

 ET A PROPOS DE :

                 "TOUT CE QUE CE CORBEAU

                                NE POUVAIT DIRE

                            QU'EN LIGNES TORSES."

POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS SUR L'AUTEUR CONSULTER SON SITE www.guyjimenes.net

Sous le masque de l'angélisme, l'air de ne pas y toucher, le mérite de Guy Jimenes est de nous inciter à nous affranchir de nos préjugés et de nous offrir, avec talent, un éventail des ressorts tragiquement révélateurs des pulsions humaines fondamentales, celles qui, en secret, animent et minent tous les êtres humains, y compris, potentiellement, les enfants.

"La mare aux C." vers laquelle Noar le corbeau est incité à se rendre pour cueillir les cerises d'amour n'est qu'un de ces charniers empuantis où Barbedogre, résurgence symbolisant Mussolini, Franco, Hitler et tant d'autres despotes interchangeables actuels,   comme le firent dans le passé et comme continuent de le faire tous les tyrans et tous les révoltés du monde, quelle que soit le degré de justice des raisons qu'ils invoquent... enfouissait en ricanant, pèle mêle, ces corbeaux anonymes, peigne-culs attirés par le besoin de "gagner leur vie à la sueur de leur front", manants sans un rond, sans terre et sans titre, ouvriers nomades saisonniers, toujours en quête d'un labeur justificateur d'existence mais qui ont fini, qui finissent, qui finiront toujours comme s'ils n'avaient pas d'âmes : arrachés à leur famille, emprisonnés, torturés, égorgés, étripés, pendus au bout d'une corde ou d'un crochet de boucherie, fusillés en lâches dans le dos, "à la corvée de bois", pour pouvoir les accuser de tentative de fuite ou bien, plus honorablement, de face, enchaînés à un poteau, avec les yeux bandés…tous injustes victimes, coupables de non conformité aux convictions des fanatiques qui avaient l'avantage d'être du côté du manche et des lois scélérates qu'ils s'étaient inventés, martyrs de leurs pulsions bestiales et de leur soif d'inhumanité.

Tel fut le sort de Nôar! Grugé, puis prisonnier, oiseau noir enduit de colle et de farine, torturé par Barbedogre pour souffrir, comme un traître blanc, le malheur d'être noir... Nôar, lesté d'une pierre au cou, pour être noyé et pourrir dans le charnier de "La mare aux C." – Rassurez-vous, parents, dans le conte, même si ce n'est que de justesse, Nôar sera sauvé et s'en réchappera ! – me renvoyait à l'Allemagne nazie, aux conceptions eugénistes, à la chasse aux Juifs, aux Tsiganes, aux Homosexuels aussi bien qu'à toutes les humiliations et souffrances qui ont été imposées aux Noirs au cours de longs siècles, à l'époque où l'on faisait ouvertement commerce des hommes, des femmes et des enfants traités en esclavages à cause e la couleur de leur peau et, bien entendu, à la guerre d'Algérie, aux trois années que j'y avais passées et aux bestialités dont j'avais été témoin.

Je me revoyais aussi en classe, dans un petit village perdu dans le bled, cours préparatoire puis élémentaire, années 1935/36 et 1936/37, confronté quotidiennement au racisme et ségrégationnisme que mon institutrice, la première que j'avais jamais eue, ma première maîtresse, élégante et distinguée au nom de souffle puisqu'elle se dénommait Mademoiselle Alène, mais qui était une maîtresse femme, pratiquait sans vergogne et ouvertement, sous nos yeux, alors que nous n'étions pas dans une école privée mais bien dans une école publique, laïque, de la République.

Autoritaire, imbue d'elle-même, sûre de sa stature et de son élégance, avec cette assurance des gens de grande bourgeoisie venus de la ville, telle était Mlle Alène. Persuadée que nous ne pouvions être, nous, ses élèves, petits européens blancs, campagnards, frustes et mal dégrossis, que des «fils de rien» ou bien, pire, ces autres, petits indigènes sales, dépenaillés, parfois galeux, descendus des douars, pieds nus, «fils de moins que rien», vulgaires porteurs de vermines et véritables «sacs à poux»...

A ces yeux, pour elle qui se considérait de souche française et de vieille extraction, nous ne pouvions être que vile valetaille et de «basse extraction», donc plombés de déficiences, rongés de lèpre psychique, attardés, ineptes et incapables de sensibilité pour appréhender de la douceur, de la générosité ou de la poésie, ou même d'éprouver les premiers émois du mystère des mots et "du plaisir de lire"!...

Je revois encore sa peau laiteuse, le rictus sarcastique de sa bouche figée où étincelait une dent d'or, son regard perçant, les interdictions rigoureuses qu'elle imposait aux petits arabes qu'elle accusait d'être «porteurs de poux et porteurs de morts» – les épidémies de typhus, causées souvent par des poux, étaient fréquentes en ce temps-là –, de rester au dernier rang des tables, au fond de la classe, de ne pas l'approcher, de ne pas tenter de jouer avec nous, les petits blancs, en cour de récréation, de ne jamais enlever leur chéchia, même pendant la classe, pour être bien sûre « qu'ils garderaient pour eux, leurs poux, bien au chaud, sur leurs crânes rasés. »

C'était au temps impie de ces colonialismes honteux que la France comme d'autres grands pays européens s'étaient inventés et pratiquaient, avec l'approbation de la majorité de leurs concitoyens pour en tirer gloire, se flatter de leur supériorité, s'estimer plus civilisé et, surtout, pour s'enrichir au détriment des peuples colonisés!

Fort heureusement pour moi, le racisme dont Mlle Alène me servait à l'école était largement contrarié et contesté par la philosophie humaniste de ma famille, par la bonhomie de mon père et par l'humilité de ma mère. De la maison à l'école et de l'école à la maison, même si je ne l'avais pas souhaité, la comparaison s'imposait d'elle-même. Entre ces deux humus dans lesquels je prenais racine, celui de l'école où Mlle Alène m'inculquait, par infusion lente, ce racisme ordinaire, d'autant plus inflexible et incontestable qu'il était sans traces apparentes de remise en question puisqu'il reflétait l'esprit de la majorité coloniale ambiante et l'autre, antinomique, cet humus familial, qui était d'ouverture d'esprit, de compréhension et de lucidité, tant bien que mal, se charpentait et se consolidait, avec mes premières identifications, mes premières convictions politiques. C'est depuis cet âge-là que m'anime malgré moi, née d'un sentiment d'injustice vécu comme un traumatisme, une révolte intérieure contre toutes les condescendances ; une haine indicible, précédée et accompagnée d'un lourd silence, celui de ceux qui, comme moi à l'époque, n'avaient pas de mots pour exprimer leur hargne, contre toutes les fausses supériorités qui nous étaient imposées. Hélas! Où que ce soit et en quelques temps que nous vivions, ces fausses supériorités, parce qu'elles sont usurpées, sont toujours les plus arrogantes et les plus offensives, les plus acharnées aussi à vouloir s'imposer. A y être confronté et à devoir le plus souvent me taire ou m'incliner contre leurs forces, parce que je n'avais pas d'autre choix, j'ai appris en somme à ronger mon frein et ainsi à forger ma personnalité.

Mais en 1983, en France Métropolitaine, presque cinquante ans après ces premiers sinistres constats, qui m'aurait dit que je pourrais retrouver les mêmes bases, les mêmes prétentions, les mêmes veules tentatives ségrégationnistes des gens "haut placés" de l'Édition ou de l'Éducation Nationale pour prétendre que les goûts des élites ne pourraient jamais être partagés par les gens du peuple et par les "petits Français moyens".

 Après l'Indochine et après l'Algérie, on aurait pu penser qu'on avait tordu le cou aux colonialismes, qu'ils n'existaient plus, qu'ils n'existeraient jamais plus ... Ce à quoi, moi, sans vouloir faire d'éclat mais avec "la foi chevillée au corps", en 1983, m'opposant à cette idée fausse mais communément admise que le colonialisme relevait d'un autre âge, insistais pour affirmer, parce que je l'avais constaté dès mon arrivée en Métropole puis vérifié tout au long des vingt années après l'indépendance accordée aux Algériens, que l'esprit colonialiste était encore là, toujours présent, omniprésent, mais plus retors que jamais puisqu'il se pratiquait maintenant, toujours selon le couvert de la même ancienne manière protectionniste, non plus seulement de blancs à indigènes, de civilisés à incultes mais simplement de blancs à blancs.

 Balzac avait raison : S'il les Noirs n'existaient pas, une certaine classe de Français seraient capables de peindre des blancs en noirs pour pouvoir les exploiter. 

Je le disais calmement : les colonialismes étaient toujours là et, comme en Algérie, à supposer qu'on ait le désir de ne pas s'en accommoder, pour essayer simplement d'ouvrir d'autres perspectives, il fallait savoir se souvenir de ses extrémismes et de ses failles. Cela pour dire que dès mes premiers pas en édition, sans surprises, j'ai retrouvés leurs traces et leurs fondements en constatant que perdurait toujours, à tous les strates des fiefs de l'édition traditionnelle française, cet esprit impérialiste condescendant et hiérarchisé et qu'il me faudrait l'affronter. Il opérait cette fois, je le répète, de blancs à blancs, et je compris qu'il se servirait de moi mais n'avait aucune raison de m'épargner. Raison qui fit que je me suis même alors demandé, atterré, à ce moment-là, comment moi, fils de rien, l'on pouvait bien me considérer et si j'étais vraiment, moi-même, encore un blanc?...

Ces colonialismes contemporains actuels avaient les mêmes caractéristiques que ceux d'autre fois : la suffisance à la boutonnière, sourire glacial à la dent d'or et la prétendue conscience d'appartenir à une classe d'élite, d'être d'une autre nature que celle dont sont issus tous ces gueux et cette valetaille criarde et vulgaire s'apparentant au bas peuple.

Ces colonialismes sont exactement du même type que ceux du dix-neuvième siècle, motivés par la même ambition hégémonique exorbitante, excités par la même émulation que nourrissait la famille Orléaniste, contre les Bourbons d'Espagne ou leurs cousins d'Allemagne et d'Angleterrre, celles d'étendre les territoires de leurs royaumes et de d'accaparer un maximum de richesses fossiles... Au cours de l'histoire, il s'est toujours avéré que dans ce genre de conquêtes d'usurpation, injustes et illégitimes, parce qu'elles étaient généralement menées abusivement au nom du patriotisme et dans l'intérêt du plus grand nombre, la religion d'état, chez nous le catholicisme, trouvait toujours une raison pour se rallier à leur cause et pour soutenir les ambitions politiques les plus indéfendables.

        Dans notre sphère nord occidentale, tous ces colonialismes furent toujours confortés et justifiés par un catholicisme nationaliste évangélisateur consentant qui trouvait là des raisons de croire qu'en encourageant le crime, les exactions et le ségrégationnisme pratiqués  par les diverses formes de l'impérialisme, il ne faisait qu'accomplir sa mission de rester, comme le Christ descendu du ciel, parmi les hommes, qu'il ne prêchait que pour sa foi et en prétendant qu'il ne subvenait ainsi qu'à l'accomplissement sur la terre de la volonté du Tout Puissant...

Hérésies vérifiées en Espagne, en 36, où la dictature militaire était épaulée par l'Opus Dei et par l'Église; vérifiées en Allemagne, de 33 à 44, où Hitler, démocratiquement élu par son peuple, bénéficia de l'accord tacite des forces religieuses et même, dit-on, du Saint Père ; vérifiées également en France, de 40 à 42, où le Maréchal Pétain fut soutenu, dès l'armistice de juin 40 et pendant plusieurs mois après cette date, par la plupart des croyants de notre pays... Autant d'exemples qui prouvent s'il le fallait que la force, qu'elle soit celle de la puissance militaire et des armes ou bien celle de l'argent, requière toujours, pour se justifier, une sainte raison, celle de la foi qui prétend maintenir un ordre juste, celui bien entendu voulu par le Tout Puissant.

C'est ce jumelage, celui qui existait entre les pouvoirs séculiers (le politique et celui des banques) et le pouvoir de la religion majoritaire, donné toujours, encore de nos jours, comme juste, inévitable et insubmersible, le même qui avait commis dans le temps tant d'erreurs et tant de drames impardonnables, que je retrouvais, intact, inflexible, arrogant et stupidement fanatique parfois, dans l'édition des livres pour la jeunesse.  

En fait de foi, la mienne m'incitait à penser alors que ces colonialismes, même si on s'évertuait encore de s'arranger, pour tenter de les déculpabiliser et de les justifier, en les enveloppant de papillotes de vertus qu'ils n'auraient jamais, à les qualifier d'humanistes, de civilisateurs et de "compassionnels", n'en restaient pas moins, pour moi, toujours aussi prédateurs, toujours aussi basiquement et abusivement injustes, toujours aussi humiliants et condescendants et toujours aussi  ségrégationnistes et illégaux si on se réfèrait à la charte des droits humains.

Même s'ils peuvent mieux et plus habilement se travestir de nos jours, je savais que les colonialismes avaient survécu, qu'ils se survivaient et qu'ils se survivraient encore. Et, le sachant, je ne pouvais faire semblant, moi qui le déplorais, de penser, de respirer et d'agir comme si je ne le savais pas. Pour moi, s'ils s'étaient en quelque sorte "caméléonnisés" pour mieux se fondre et s'adapter aux courants de nos avancées politico-sociales, ses dignitaires, ses suppôts et ses représentants mercenaires, alors qu'ils camouflent leur rapacité et leurs objectifs d'intérêts économiques, se la jouent et nous la jouent toujours en grands seigneurs, usant et abusant de leurs particules, de leurs avantages et de leurs privilèges pour mieux avancer leurs pions et pour mieux nous persuader qu'ils sont du bon côté, celui auquel, pour arriver à leur hauteur, nous devons tous aspirer.

Ils ne prétextent plus l'évangélisation catholique pacificatrice d'autrefois mais, en prétendant se mettre au service de "l'humanitaire", par l'apport de leurs aides en technologies nouvelles, les bienfaits de leurs lumières contre l'ignorance, celles de leurs découvertes en thérapeutiques de pointe contre la maladie et la misère... ils ont dans leur manche magique, toute une panoplie de stratégies tactiques enveloppées de cet humanitarisme compassionnel qu'on a bien du mal, que j'ai bien du mal, à croire sincère et désintéressé puisque j'en connais les sources et les raisons d'agir et que je ne peux oublier que le capitalisme des "pays émergeant" est leur soutien et leur unique moteur…

Sans nous faire de morale, Guy Jimenes nous renvoie à cette Allemagne aliénée des années trente, la plus grande partie d'un peuple muselant carrément l'autre partie, pour ensuite, subjuguée par l'hérésie d'un Führer, mieux se persuader que sa race aryenne, touchée par la baguette magique de fées bienfaisantes, aurait été élue et, en conséquence, aurait été génétiquement, dotée de capacités supérieures, tandis qu'au contraire, toutes les autres catégories d'humains, frappées par une intervention appropriée de cruelles fées sournoises des pires malédictions, auraient été rabaissées au rang de vile sous-humanité, bien indigne d'exister sur la terre…

On pourra facilement penser, en lisant ces lignes, que j'exagère et que si j'ai pu voir toutes ces horreurs, dans ce petit conte (petit parce que court) recommandé pour jeunes enfants, (6/9 ans),  c'est parce que je les y ai mises et que j'ai l'esprit tordu. Et on aurait, d'une certaine manière, plutôt raison, puisqu'on se projette toujours, aussi, dans ce que nous lisons, avec ce que nous sommes et avec qui nous sommes en tant que personne, pour mieux devenir ensuite, peut-être, qui nous pourrions être.  

Pour dire le vrai, je ne nie pas ma part de projection d'horreurs sur ce texte mais en contrepartie, en miroir, je suis sûr que Guy Jimenes les avait en tête et qu'elles ne pouvaient pas ne pas avoir inspiré son écriture. En conclusion de quoi, je pense que cette part de projection sur son texte ne peut être qu'un écho direct de renvoi boomerang et d'interprétation, qui ne faisait  que répondre à des suggestions singulières que, sans nul doute, avec ou sans conscience délibérée, Guy Jimenes avait dû formuler.

Ces choses d'adultes étant dites, j'espère, lecteurs, parents lecteurs surtout, que vous ne tirerez pas de mes analyses d'homme blessé par la vie, qu'en fonction de tout ce que j'y ai vu, ce conte ne pourrait pas être recommandé à de jeunes esprits ?... Non, assurément! Non et non, puisque dans ce récit, qui est, je le répète : limpide, optimiste et plaisant, toutes ces horreurs n'existent qu'en latences et en potentialités, à la disposition de celui qui voudrait bien, ou qui pourrait bien, sans le vouloir forcément, les projeter sur sa lanterne magique pour les y voir.

J'irais même jusqu'à pousser le bouchon en disant que seuls des adultes, aussi tordus que moi et aussi marqués que je le fus par ces horreurs que j'ai vécues, pourraient porter ce regard sombrement ternissant, pareil à celui fatidique que portaient déjà, pour la faire désespérer des réalités du monde, les pauvres yeux entachés d'un éclat de verre noir de "la Petite reine des neiges" d'Andersen.

Pourtant, je n'en démordrai pas et n'escamoterai pas pour cela et pour autant l'idée qu'en évoquant ces malheurs, à la lueur de ma lumière intérieure, en me les remémorant et enfin en les projetant, sur tout ce qui avait été écrit ou suggéré dans ce conte par Guy Jimenes, données que j'avais devinées mais que, après avoir résisté, j'avais finalement lues, je n'avais rien fait d'autre que de procéder à ce que tout lecteur entreprend lorsqu'il procède à une lecture enrichissante et qu'il lit consciemment ce qu'il lit.

Sur le plan général, nous procédons toujours de la même manière et, comme tout lecteur qui s'investit dans ce qu'il lit, pour peu que ce qu'il lit soit de la littérature, ce qui était le cas, je m'étais trouvé, comme les autres fois, exposé à la nécessité de confronter ma propre image avec toutes celles que j'entrevoyais dans le miroir que les écrivains me tendaient, pour ainsi, défalquant la mienne des images proposées, la corriger ou la conforter, la renier ou l'approuver, la déprécier ou la valoriser... mais avec la possibilité de la modifier à loisir puis de se choisir, de se déterminer et de s'engager à agir.

Quoi qu'il en était, ce n'était pas parce que ce petit conte mettant en scène, avec plus ou moins de brio, un pauvre protagoniste de corbeau impliqué dans des péripéties mi-amusantes mi-dramatiques, avait été pour moi l'occasion de plusieurs projections et connotations intimes qui, par osmose endosmose et en palimpseste, étaient venues s'inscrire sur le parchemin d'une trame support elliptique, idéalement conçue et préméditée, par Guy Jimenes, que l'on devait tirer de là, par extrapolation, des conclusions générales simplistes du type causes à effets. Les chemins littéraires des auteurs et les cheminements de lecture par lesquels ils nous mènent sont toujours bien plus aléatoires et bien plus imprévisibles que nous le souhaitons et que nous pourrions, a priori, l'imaginer didactiquement.

Cela pour dire que, pour ce qui concerne la lecture et les effets qu'elle peut exercer sur notre esprit, lorsqu'elle est enrichissante et provocatrice de réflexion bien entendu,  rien n'est moins sûrement et une fois pour toutes préétabli, que nous soyons enfant ou adulte, puisqu'il s'agit de terrain et d'humus chaque fois particuliers sur lequel vont venir se greffer des sollicitations de pensées, en vue de tri, d'enracinements ou de rejets. Raisons un brin compliquées mais qui me firent m'insurger à plusieurs reprises contre la stupidité des messages positifs, préconisés uniquement et à l'exclusion de tous autres types de messages par l'édition traditionnelle et le catholicisme sécuritaires.

Ainsi, pour en revenir à "Nôar le corbeau" je reste persuadé que, les enfants, eux, à la lecture de ce conte, ne verront que les ressorts de nos pulsions funestes, les pièges qu'elles peuvent nous tendre, la lutte que chacun de nous, de quelques couleurs que soient nos peaux, doit mener en tant que personne, pour exister et faire admettre son intégrité… Pour les enfants, ce conte est édifiant et tonique puisqu'il est démocratique, qu'il les incite à se méfier des préjugés, qu'il les met en garde contre les diverses prétentions d'omnipotence extrémistes et suprématistes dont nous avons toujours tendance, par autodéfense, à nous prévaloir injustement. Et surtout parce que, par chemins torses et par l'exemple concret, il les alerte, pour leur inspirer le sens de l'équité, la circonspection en toute occasion et la vigilance en allant jusqu'à éveiller, dans leur conscience, leur part intime potentielle d'inhumanité.

A l'opposée de ces compliments, je dois souligner que les interventions des fées et autres mages enchanteurs aux pouvoirs surnaturels, noueurs et dénoueurs de sorts, de maléfices, d'espoirs ou de désespoirs, dont use Guy Jimenes pour maintenir la tension indispensable et soutenir l'intérêt du lecteur, procédés habituellement utilisées dans les contes pour tempérer les éléments dramatiques et en adoucir toutes les rugosités, m'ont semblé, dans un premier temps et dans une première approche, en fonction probablement de la teneur chargée des données personnelles que j'y projetais, un peu conventionnelles, alors que, réflexion faite, j'en vins par la suite à les trouver plutôt bien dosées et mises en jeu à bon escient par l'auteur.

Effectivement, cette partie-là du conte, ne pouvait que me paraître la plus contestable puisque c'était la plus typiquement enfantine et la plus classiquement conventionnelle. Encore qu'elle était, en fonction de l'âge des enfants auxquels on destinait le conte, nécessaire et, en conséquence, forcément prévisible. Je dus même assez vite en convenir puisque toutes ces interventions surnaturelles étaient des raccourcis indispensables qui fortifiaient la concision générale de la parabole développée, et donnaient plus de crédibilité aux rebondissements successifs et aux enchaînements des étapes de cette parabole.

   Comme je pus le vérifier en lisant moi-même ce conte à des enfants de mon entourage, c'était d'ailleurs d'autant plus et d'autant mieux que le lecteur adhérait et croyait en ces interventions surnaturelles qu'il était plus facilement en mesure de pouvoir souscrire ensuite aux incongruités de l'histoire de "Nôar le corbeau", lesquelles arrivent, comme de bien entendu, toujours à point nommé, incarnées et véhiculées par les habituels personnages fabuleux de notre mythologie occidentale du merveilleux. Bonnes et mauvaises fées, sorciers envoûteurs et désenvoûteurs, mages enchanteurs et désenchanteurs sont là, omniprésents, pour fournir des clés, des passe-partout même, propres à ouvrir toutes les serrures et à déjouer toutes les éventuelles geôles d'enfermements.

Pourrait-on se passer d'eux et d'elles lorsqu'on s'adresse aux enfants ?...Cela paraît d'autant plus difficile que dans notre conscience et mémoire collectives, faits établis rarement remis en cause, dont on hérite comme d'une ressemblance familiale, ces intervenants surnaturels existent depuis que le monde est monde. Rien d'étonnant donc à ce que Guy Jimenes s'en serve – Il le fait très habilement ! – en utilisant leurs sortilèges de protections ou de malédictions pour échafauder à son gré, le fuseau de liens de sa trajectoire d'appât, échelonnée de péripéties diverses ou l'on prend, entre  plaisirs et déplaisirs de lire, répulsions et séductions, une sorte de douche écossaise salutaire.

 Pour de simples raisons de limitations de pages, imposées par la revue "Trousse-Livres" et pour des raisons personnelles douloureuses que je ne souhaitais pas approfondir ni, encore moins, voir étaler en public, cette analyse détaillée du conte de Guy Jimenes ne pouvait pas me venir à l'esprit en 1983. Et, à supposer que j'aie pu l'écrire à ce moment-là, je sais alors que je n'aurais jamais consenti à la voir publiée.

Toutefois, en taisant ces raisons profondes et en me bornant à ne dire que ce à quoi l'enquête que Manuelle Damamme m'avait commandée m'obligeait, je n'avais pas le sentiment de faire du tort à l'auteur puisque, même si je ne le disais pas franchement, je lui reconnaissais suffisamment de talent pour comprendre mon point de vue et surtout entendre le conseil que je lui donnais, à savoir celui d'aller plus loin, par le fonds et par la forme, en s'exprimant plus singulièrement, plus subjectivement encore, plus passionnément même, comme l'écrivain pour adulte et l'écrivain tout court que je pressentais qu'il pouvait devenir.

C'est Raoul Dubois qui, par un curieux concours de circonstance, quelques années après, se souvenant d'avoir lu et apprécié avec étonnement ma critique des "J'aime Lire", sur ce ton acerbe et badin, inimitable, dont il se servait toujours avec moi, pour raviver l'intelligence et la connivence qui émaillaient notre accord tacite d'anciens compagnons de route des Mouvements d'Education Populaire, (lui ancien FRANCA et moi ancien des CEMEA) me reparla de Guy Jimenes alors que je ne m'y attendais pas.

« Son nouveau texte… » me dit-il – celui que l'auteur venait de soumettre pour concourir au Prix attribué par le Ministère de la Jeunesse et des Sports et que je n'étais pas censé connaître puisque je ne faisais pas partie du jury alors que Raoul Dubois était un de ses jurés – « …est carrément un chef d'œuvre ! » Et il ajouta, comme je le regardais en feignant, selon nos stupides conventions bourgeoises de bienséance virile et d'amabilité distante, l'impassibilité, sortant de cette réserve qu'il avait toujours observée en évitant de me conseiller éditorialement, dans un mouvement de conciliation presque affectueux, qu'il n'avait jamais adopté jusque là avec moi : « Je t'assure, tu devrais lire !... Cela s'appelle : "La Protestation". »

Devant son insistance, je dus lui dire : « Mais pourquoi moi ?... » avant qu'il ne m'explique alors, sur le ton d'une conviction neutre et désintéressée, que Guy Jimenes était un "vrai auteur", un de ceux qui s'engageait, qu'il parlait d'un vécu douloureux dans lequel sa famille avait été impliquée et dont il avait été le témoin : "les évènements d'Algérie".

Sans le lui dire, me revinrent alors en mémoire mes réticences à propos du conte "Nôar le corbeau" et, tandis qu'il parlait, ce que j'avais vécu moi-même : "la guerre sans nom", mon service militaire de trois années à la frontière algéro-tunisienne, les tribulations de l'insurrection des autochtones pour la libération de leur pays du colonialisme paternaliste asphyxiant, les attentas terroristes perpétrés par les Fellagas, les campagnes de pacification menées par l'armée sous prétexte de "maintien de l'ordre" et cautionnées le plus souvent par l'Eglise... puis L'intervention du Général de Gaulle en 1958, les accords d'Evian, l'apparition de l'OAS, les assassinats que cet organisme commit pour tenter d'imposer son extrémisme désespéré, les affrontements entre clans opposés et les relents d'une guerre civile… Enfin le verdict : La valise ou le cercueil… peu avant la proclamation de l'indépendance du 5 juillet 1962, véritable feu d'artifice en conclusion des hostilités avec, cependant, ce jour de liesse-là, à Oran, le prix humain à payer : sans aucune protection de l'armée française encore pourtant présente, des milliers de personnes, des hommes en particulier, enlevés, massacrés ou portés disparus et jamais plus retrouvés depuis, passés sous silence, comme s'ils étaient les seuls vrais fautifs, que leur mort était jugée nécessaire, expiatoire, et que par ce tribut de sang  versé, la France pouvait encore estimer qu'elle avait su rester digne et calme en ne réagissant pas…  

Tandis que Raoul Dubois me parlait, alors que nous étions côte à côte et qu'il ne pouvait s'apercevoir de mon trouble, ma gorge se nouait à m'étrangler. Oran, ville natale de Guy Jimenes était aussi ma ville, celle de mes études à l'E.N. d'instituteurs, celle de mon premier poste d'enseignant, au village Lamur, à l'école Avicenne, en plein quartier "indigène", à deux pas d'un Bidonville qu'on appelait le Village Nègre et du cimetière Tamashouet devant lequel je passais chaque jour pour me rendre dans ma classe et tout près du "P'tit lac" où on avait jeté les massacrés… J'avais moi-même quitté Oran le 26 juin 1962, à quelques jours de la proclamation de l'indépendance, fuyant l'OAS et les massacres prévisibles ce jour-là, après que mon directeur d'école, ait été mortellement blessé, en pleine poitrine, à bout portant, à 13 heures vingt, tandis qu'il nous ouvrait les portes de l'établissement…

Tout prenait son sens. Nôar, une pierre au cou, jeté dans la mare aux corbeaux, comme l'avaient été, le 5 juillet 1962, les égarés inconscients des contrebas européens de la ville que les indépendantistes algériens excités avaient égorgés puis jetés dans le P'tit Lac, ou bien encore pendus aux crochets des abattoirs, tandis que d'autres étaient entraînés vers le boulevard des quarante mètres, vers le plateau, la piscine du Galia, puis fusillés le long d'un des murs du cimetière Tamashouet... Fusillés parmi lesquels le mari de Sylvie, une de mes lointaines cousines, laissé pour mort sous les rafales des Kalachnikovs au pied de ce mur, mais survivant par chance, comme Nôar, pour se lever d'entre les cadavres, la nuit venue, et redescendre, hagard, ensanglanté, la bave aux lèvres, vers les premières habitations européennes et retrouver sa femme en larmes...

Je comprenais maintenant mieux, pourquoi moi, qui muselais depuis tant d'années ces souvenirs, m'étais impliqué si tortueusement dans ce petit conte si anodin d'apparence et pourquoi je n'avais pas pu trouver "conforme" mais intrigant et irritant tout de même qu'on puisse donner à un corbeau, ce Nôar, en intervertissant les lettres, le non d'une ville, le nom de ma ville : Oran.

Et puis du temps passa. Au fond, cette histoire ne concernait que moi. Je ne connaissais toujours pas Guy Jimenes et ne cherchait pas à le connaître. Si on devait raconter à tous les auteurs ce que leurs histoires nous ont inspiré!...

Mais finalement c'est Guy Jimenes qui vint à moi, comme je l'ai déjà dit, par surprise, quelques années plus tard, à l'occasion d'un anniversaire de survivance de la revue "Griffon" intitulé "25 ans de lectures", daté de novembre et décembre 2001, et qu'il me permit de faire le clair dans cet imbroglio qui m'avait assailli en 1983 et dans lequel, par lequel, j'avais bien involontairement, mais intuitivement tout de même, en toute inconscience de ce que me dictait intérieurement mon refoulement, joué un rôle contradictoire pour servir, et à la fois desservir, mettre en valeur et dévaloriser, attirer l'attention sur et stigmatiser…un jeune auteur que je ne connaissais pas mais qui m'avait atteint et secrètement, intérieurement, tourmenté.

En quelque sorte, puisque je me sentais atteint et blessé, mon intention, en valorisant le titre de son conte, même si ce n'était pas en bien, avait été d'atteindre, à mon tour, ce jeune auteur inconnu qui, selon mon estimation, se fourvoyait en se laissant impliqué dans un vil mécanisme éditorial abusif, bâti sur une exploitation de procédés éculés pour susciter un processus de lecture qui, contre toutes mes attentes, n'était qu'un processus d'enjôlement distractif et de conditionnement.

Comme je l'ai déjà dit, dès la semaine après la parution de cet article, les ennuis et les déceptions s'enchaînèrent et s'amoncelèrent à un tel point, que je décidai qu'il valait mieux pour moi de faire une croix sur tout ce qui avait mobilisé mon énergie jusque là et de rendre définitivement mon tablier. Comme le corbeau du conte de Guy Jimenes, ce Nôar torturé jeté une pierre au cou dans le charnier des pestiférés par Barbedogre, ces ennuis qui m'assaillaient venaient de se cristalliser et de se solidifier pour m'emprisonner dans une gangue et bien me faire admettre que le bec qui m'avait déjà été cloué pour ce qui concernait la conception, la production et la publication de livres par les Editions Hatier-L'Amitié, se trouvait maintenant définitivement recloué aussi, pour tout ce qui pouvait concerner mes capacités et mes possibilités d'exercer mon intelligence, mon sens et mes droits d'expressions critiques. 

De tous ces divers ennuis je ne tirai néanmoins qu'un seul avantage : celui d'un éclaircissement. J'étais enfin en mesure de comprendre à quels accords de compromissions tacites et complices, confessionnels et laïques, les instances de production éditoriales françaises (toutes tendances confondues) et les instances de prescriptions (publiques ou privées) en étaient arrivées, en vue et au prétexte de défendre "le" livre et d'encourager tous les enfants à "aimer lire".

A "Trousse-Livres", on me fit comprendre que j'étais inexcusable donc impardonnable. Je ne revis jamais Paulette ni Pierre Delfaud alors que je les avais toujours considérés jusque là comme de véritables amis. J'avais osé toucher, écorcher, menacer, ébranler le sacro-saint équilibre catholico-laïque. J'avais eu l'audace de me servir de "Trousse-Livres", outil culturel laïque, donc prétendument neutre, en l'extirpant et en le détournant de sa neutralité pacifique pour attaquer Bayard Presse, organisme catholique puissant, infiniment estimable puisque d'éducation et de civilisation incontestable.

J'avais inconsidérément enfreint les règles d'accords pacifiques qui avaient étaient longues à s'instaurer entre l'école de la république et l'Eglise alors que, pour des raisons tactiques et de partage des rôles et des influences, quels que soient les reproches que ces deux institutions pouvaient avoir à se signifier, il avait été décidé qu'il valait toujours mieux, selon le point de vue laïque tolérant neutre, les dents serrés mais en chattemite, faire plutôt ami-ami et, en tout cas, ne jamais attaquer de front.

Par un curieux renversement de situation dont j'ai encore du mal à m'expliquer les raisons profondes, je constatais qu'en m'en prenant au fief catholique, ce plus grand groupe d'édition de livres et de presse magazine français, et à ses prétentions d'hégémonies culturelles, pour lui rappeler qu'il devait respecter la liberté d'expression de toutes les opinions et que la lecture ne devait pas être un vulgaire processus d'endoctrinement et de conditionnement des enfants, c'est moi qui devenais Goliath, ennemi du peuple de Dieu et c'est Bayard Presse, paré de toutes les grâces du Tout Puissant qui devenait, touché par la baguette de l' éminente fée catholique française Françoise Dolto, le faible et attendrissant frêle berger David, prêchant humblement pour "la cause des enfants".

En fait, parce que je souhaitais promouvoir une "philosophie d'homme pour l'homme", une morale avec ou sans Dieu mais sans sectarisme, je devenais infréquentable : un équivalent et une résurgence du "Petit père Combes ", cet ancien séminariste, maudit par les catholiques, rédacteur de la loi du 9/12/1905 promulguant la séparation des Églises et de l'État.

Avec une outrance propre aux évangélistes, toujours aveugles, au nom de leur fidélité aux dogmes et de leur piété, sur leurs aberrations, et hyper-lucides pour en découvrir d'innommables chez ceux qui ne partageaient pas leur aliénation, on imagina que je voulais exhiber la hache d'airain, et relancer la guerre laïco-cléricarde…

C'est tout juste si on ne me cracha pas dessus !

Venant vers moi lors d'un colloque de ces années-là, alors qu'elle semblait outragée, courroucée et vindicative, Mme Claude-Anne Parmegiani, que je ne connaissais pas, affirmant bien haut son statut de "chercheur" en littérature de jeunesse, mais se gardant de dire qu'elle était une supportrice catholique éclairée, auteur de "Les petits Français illustrés (1860-1940)" m'accusera, mais en aparté, sur le ton de ces petites vacheries qu'on lâche à la va-vite en fin de colloque, tendancieusement, doucereusement, venimeusement, au moment du cocktail, une fois toutes les vérités dites et le débat clos, entre deux petits-fours avalés : que je  ne "faisais" rien de moins que de « l'anti-catholicisme primaire ».

 Je n'en revenais pas. Pour la première fois, moi, qu'on accusait généralement d'être trop intellectuel ou trop cérébral, étais enfin traité de primaire!

 Il n'en restait pas moins que je venais de faire un grand pas et qu'un grand trait était tiré : pour les bigots-cathos aussi bien que pour les bigots-laïques,  j'étais devenu et resterais désormais un pestiféré. Je compris très bien qu'on ne m'accorderait plus la parole et qu'on m'accorderait encore moins l'occasion de publier ce que j'avais à dire.

Et depuis ce temps-là, résultat sans aucun doute d'un bouche à oreille et d'une rumeur sinistrement efficaces, j'ai pu constater que, comme si j'étais déjà dans la tombe, une flopée de commentaristes de tout poil parlaient de moi, beaucoup trop à mon sens,  pour mieux probablement ne pas entendre ce que j'avais encore à dire.

 Je m'en tirais avec la gloire sotte, incongrue et contradictoire de ce qu'il est convenu d'appeler, dans le jargon des universitaires, les "figures" de l'édition. Aussi pénibles à supporter qu'aient pu me paraître ces verdicts presque exclusivement à charge, je finis par penser que cette mise au rencard avait tout de même quelque panache puisque un archevêque m'avait excommunié et que le Président de la Ligue Française de l'Enseignement, en personne, m'avait banni : j'étais donc presque un bandit d'honneur.

 



11/05/2007
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 25 autres membres