RUYVIDAL : CONCEPTEUR-EDITEUR18. DE L'EAU DANS LE GAZ
L'année 1972 qui aurait pu se présenter pour Harlin Quist et moi-même comme une
consécration, puisque nous avions tout de même réussi à publier une trentaine
de livres dont la plupart en coédition internationale avec six pays européens,
parmi lesquels deux des plus grands éditeurs allemands confirmés : "Insel
Verlag" et "Otto Maïer Ravensburg", fut au contraire une année
infestée de contrariétés de toutes sortes que mon associé multipliait à souhait
pour arriver à ses fins : devenir seul maître à bord.
Harlin Quist était irascible. Lorsqu'il débarquait à Paris c'était généralement
pour oublier que ses affaires anglo-américaines n'allaient pas comme il aurait pu
le souhaiter. Mais il ne l'avouait pas et prétextait clamer que sa
présence en France était indispensable pour la bonne marche des affaires de
J'en étais arrivé cependant, au cours de cette année 1972, alors que nous
étions préoccupés d'imprimer rapidement les quatre Manipules réalisés en
coédition avec l'éditeur allemand Otto Maïer Ravensburg, sur les presses que ce
dernier avait mis à notre disposition à Rotterdam, au terme limite du
supportable, convaincu qu'Harlin Quist préfèrerait toujours, d'une manière
irrémédiable, me pourrir la vie en se montrant hautain, odieux, dédaigneux, suspicieux
envers moi, en privé aussi bien que, de plus en plus souvent, en présence de
nos collaborateurs, tout simplement dans le but d’afficher sa supériorité, de ne
pas reconnaître mes compétences et surtout de ne pas avoir à me dire merci.
Orgueilleux comme il était, je suppose qu'il lui était difficile d'avouer ses
échecs à New York et de savoir faire amende honorable. Le succès d’estime qu’il
remportait ne lui suffisait pas puisqu’il voulait la gloire et la richesse. Sa
volonté expansionniste vers l’Europe était en quelque sorte compensatrice de
ses insuccès dans son pays d’origine. Il était farouchement, comme le sont tous
les wasp (white anglo-saxon protestant) nationaliste. Il y avait en lui un
reste de cet esprit paternaliste, fait à la fois d'arrogance et de commisération
secouriste, que le capitalisme tout puissant américain avait insufflé, à la fin
des années 30, à ces Yankees dévoués qui avaient été envoyés par le Président
Roosevelt en Europe pour la sauver du nazisme, de son retard industriel, de son
ignorance et de ses indigences. Implanter son renom dans notre capitale
était pour Citizen Q. une manière de continuer l’œuvre de libération des G.I.
et d’emprunter et de suivre la même voie de triomphe qu'avaient inauguré, à
partir de 1943, ses pairs et vaillants
soldat. Pour lui qui s’était défilé pour échapper aux obligations du service
militaire, qui n’avait pas manifesté de désapprobation lorsque les États-Unis
étaient entrés en guerre au Vietnam, exister dans l’édition à Paris c’était en
quelque sorte une façon d’inscrire son nom sur la bannière étoilée qu'il avait
décidé de planter au coeur de Paris.
Un détail d'importance : notre premier rendez-vous eut lieu dans le hall de
l'hôtel Louisiane, rue de Bucci, cet hôtel qui avait hébergé Sartre et Simone
de Beauvoir et d'autres gloires littéraires internationales venues en Europe
peu avant et pendant la guerre d'Espagne. Dès les premiers instants de notre
rencontre qui avait été préparée par mon ami John Ashbery, poète fondateur de “L'École
de New York” et par son agent Missis Bradley, le clan des intellectuels
américains à Paris me signalait finement que Citizen Q. était un de leurs dignes
représentants et qu’il venait dans l'intention de perpétuer le rayonnement
de l'impérialisme américain.
Ce qui se confirma par la suite mais non pas d’une manière nuancée et
acceptable mais sous une forme radicale, grotesque et ridicule puisque, comme
il essaiera de me le prouver en maintes occasions, si nous avions tout à
attendre et à acheter des U.S.A., les U.S.A. eux, n'avaient rien, absolument
rien, à retirer de ses relations avec notre vieux pays. Pour lui, nous étions
nuls en tout. «Backward! You are backward!» répétait-il en parlant des français
que je lui présentais, martelant son argument massue avec une insistance de caractériel,
lorsque j'essayais en vain d'obtenir qu'il nuance son jugement. Dans son
esprit, pour nous discréditer et pour des raisons que je ne me suis jamais
totalement expliquées, il s'acharnait à penser que nous étions un pays
d'arrière garde qui devait le remercier, lui le sauveur, de nous apporter son
souffle de culture émancipatrice. Harlin Quist faisait réellement de son
implantation à Paris, de sa réussite et de sa renommée, une question d'orgueil
nationaliste.
Mais de 1965 à 1972 les données ayant changé du tout au tout – elles s’étaient
même totalement inversées – puisque les livres que nous avions publiés
s’étaient acquis une notoriété d’estime, au lieu d’en convenir et de modifier
la radicalité de ses points de vue, Harlin Quist préféra rester sur ses
positions butées et ne pas en convenir. Cet orgueil permanent qui était
une des solives de sa personnalité l’empêchait de pouvoir en rabattre. Je
compris alors que je ne pouvais plus rien pour lui et encore moins pour notre
association.
Son amour propre en avait pris un coup. Je l’avais privé de tous les
rôles auxquels il aspirait. Après nous avoir traité, nous les Français, avec
mépris de « perruquiers, de parfumeurs et de vendeurs de colifichets, sans
génie et sans esprit inventif » lui qui avait cru pouvoir séduire, conquérir et
inonder
Par un curieux retour narquois, contradictoire et désobligeant des choses pour
son amour propre, lui, le Citizen Q. triomphant, devait finalement admettre que
sa notoriété, celle qui dépendait des livres édités depuis 1965 et sur lesquels
il espérait asseoir ce qu'il appelait pompeusement son « standing», socle de sa
statue et de son immortalisation, n'avait été valorisée en Europe, alors qu'il
n'avait eu de cesse de les dévaluer et de les sous estimer, que par une
production conçue par des ressortissants Français.
Tandis que je m'efforçais de tempérer, de le rassurer et de
l’encourager à réamorcer, maintenant que nous avions remporté une victoire en
Europe, l’utilisation des talents américains dans les projets futurs alors que
je savais pourtant, pertinemment, qu’il était “grillé” sur le marché dans son
pays, je constatais que ses colères se retournaient contre moi. J’en conclus
qu'il devait m'en vouloir de n'avoir pas voulu devenir américain comme il
l'avait souhaité au début de notre collaboration et qu'il se voyait, en
conséquence, presque obligé, lui, d'accepter de se considérer comme un demi
français. Il avait toujours eu cependant cette sale
manie, c’était un trait de son caractère, de se complaire et de chanter particulièrement
fort, lorsqu'il avait indisposé quelqu'un. Ses airs étaient toujours les
mêmes : “That life” comme Frank Sinatra ou bien mieux encore “Fly me to
the moon” comme Dean Martin. Son plaisir ne pouvait s'établir et se manifester
que contre le déplaisir d'un concurrent opposé et si ce concurrent n'existait
pas il le lui fallait l’inventer pour pouvoir jubiler. A tout bout de champ, véritable
Don Quichotte morbide, il prenait ainsi prétexte de la moindre peccadille pour s’en
saisir et lui donner des proportions exorbitantes.
Comme il m'exaspérait souvent et que je tenais à ménager mon équilibre
personnel et familial, je pris mes distances et minutai et repoussai parfois,
quand ma présence n’était pas indispensable, les occasions que nous avions de
nous trouver rapprochés tandis que, de son côté, il prit l’habitude de chercher,
parmi nos collaborateurs de travail, des alliés avec qui ils pouvaient élaborer
des projets – ce qu’il ne manqua pas de faire – mais dont il pouvait aussi se
servir pour les monter contre moi et me déstabiliser. Je le laissai faire,
persuadé que si certains collaborateurs se ralliaient à lui contre moi et
entraient dans son jeu de manigances et de petite guerre, il valait mieux ne
rien dire et accepter qu’ils se dévoilent. De toutes façons, ils étaient libres
de leurs jugements et de leurs décisions et je ne craignais rien de ce qui
pouvait, venant d'eux, m'arriver. Je les avais choisis parce que je les
trouvais talentueux, honnêtes et respectables et ne leur avais jamais demandé
de signer des contrats d'exclusivité et de préférences...
Parmi eux pourtant, certains illustrateurs que j'avais recrutés
pour toutes ces qualités de probité se révélèrent bien différemment de ce que j'avais
prévu et me surprirent lorsqu’ils se comportèrent en renégats et en arrivistes
opportunistes. Certains autres qui me connaissaient bien, partagés entre
l’estime qu’il nous portait à l’un et à l’autre et au couple hétéroclite que
nous formions, furent très embarrassés d'avoir à choisir. Quelques autres
d'entre eux qui briguaient un succès américain et qui considéraient Harlin
Quist comme un introducteur possible à cette voie royale qui les mènerait par dessus
l'océan vers New York, n'hésitèrent pas à se mettre, comme Patrick Couratin et
Henri Galeron par exemple, carrément de son côté pour me tourner définitivement
le dos. J'encaissai et m'en fis une philosophie. Mon rôle de pédagogue avait
été d'accueillir chaque année de nouveaux élèves et, chaque année, d'espérer pouvoir
déceler parmi les nouveaux arrivants de nouveaux talents. Il ne m’est jamais
arrivé de me lamenter de la réussite de ces élèves doués et encore moins de me
plaindre du désaveu des ingrats.
Je sais que ceux qui me tournèrent le dos invoquèrent alors pour excuse que
j'avais rejoint l'édition conformiste Hachette-Grasset, ou bien que je ne
publiais plus que des livres illustrés par des “nanas”. Ils claironnaient
qu'ils avaient préféré opter pour le courage du franc-tireur qu'était Harlin
Quist, soi disant le symbole de l'esprit moderniste d'avant garde, le pionnier des
hardiesses du design ... sans voir le côté gadget et surfait de la plupart des
concepts de ses derniers livres.
Quoi qu'il en soit, lorsque Citizen Q. était à paris, nous partagions, dans ce
petit appartement du 54 rue de Montreuil qui m'appartenait et qui était devenu
le bureau de
Lorsqu'il arrivait à Paris, je savais donc presque systématiquement, que j'aurais
droit, dès sa descente d'avion, à des piques et à des assauts de
questions incessantes, qu’il avait l’art d’envenimer à propos de tout et
de rien pour les transformer en conflits ouverts. Il me fallut disons deux
années pleines depuis notre première rencontre pour finir par comprendre que
mon associé américain était, malgré lui et peut être malgré les sentiments
d'amitié qu'il pouvait avoir pour moi, incapable désormais de pouvoir cacher
plus longtemps ses aspirations intimes hégémoniques, ses prétentions et ses
ambitions mégalomaniaques. Progressivement, mais sûrement depuis que je le
connaissais, j'avais largement eu le temps de découvrir qu'il s'identifiait parfaitement
à ce prototype de l'impérialiste américain, celui qui, lorsqu'il débarquait
dans un pays étranger, était toujours persuadé d'être un auréolé de naissance
susceptible de faire rayonner tout autour de lui les lumières de
l'intelligence, du bon goût, de la liberté, de l'initiative et du courage
d'entreprendre aussi bien que celles bien entendu des vertus démocratiques.
Citizen Q. se voyait déjà, sans douter une minute qu'il puisse en être autrement,
en porteur de flambeau porteur de lumières, à la tête d'un royaume qui
s'étendrait de part et d'autre de l'Atlantique, dans les trois plus beaux pays
du monde, assortis des trois capitales : New York, Paris et Londres. Pour ma
part, progressivement, en sept ans de collaboration, n'étant pas motivé
intimement par les mêmes ambitions ni, en conséquences, par les mêmes nécessités,
j'avais largement eu le temps de découvrir ses dents longues et ses ridicules
appétits exorbitants de Cow-boy conquistador. Appétits qu'il cachait
soigneusement sous une fausse générosité et des éclats de rire tonitruants d'homme
franc, libéré et extraverti. Autant de qualités dont il était totalement
dépourvu.
J’avais probablement quelques torts dans cette
incompatibilité qui ne faisait qu’aller en s’amplifiant mais étais tellement
pris par mon souci de défendre ses livres que je ne voulais pas dépenser mon
énergie à autre chose et surtout pas en vaines querelles. D’autant plus
que j’attribuais ces humeurs à celle d’un enfant frustré par les résistances
qui s’opposaient à la satisfaction d’ambitions stupides et que je pensais que
l’essentiel de son mécontentement, cause de son changement d'attitude, était
dû pour sa plus grande partie au fait que notre petite société française
d'édition allait bien – puisqu'elle était propriétaire des copyrights des
livres qui avaient remporté le plus de succès dans le public et auprès de nos
coéditeurs – alors que sa société anglo-américaine, propriété exclusive
d'Harlin Quist dans laquelle j'avais refusé d'entrer, avait enregistré deux
faillites successives. Tentions
économiques, rivalités d'initiatives, refus de ma part de m'investir, à ses
côtés, aux Etats-Unis, ajoutés à nos différences d'aspirations et d’objectifs...incitaient
mon associé à sortir de ses réserves, à dévoiler sa mégalomanie, son arrivisme
et ses pulsions tyranniques. Vexé de ne pouvoir me transformer en associé
assujetti à sa botte, jaloux de mes initiatives et des manuscrits que j'avais
obtenu en France et de l'aura que nos livres publiés s'étaient acquis, sa
réaction spontanée, puis endurcie par rancœur, qui aurait pu être compréhensive
et de contentement puisqu'il lui en revenait au final 49% de parts, devint à
mon égard totalement opposée à celle déférente et attentionnée qu'il m'avait
témoignée dans le début de notre relation. Méprisante, violente, odieuse,
exprimée devant témoins pour m'humilier et me meurtrir, elle était tout
simplement intolérable. Son
amour propre, son orgueil et sa vanité étaient en jeu. Pour pouvoir tirer la
couverture à lui et affirmer qu'il était à l'origine des résultats flatteurs
dont bénéficiaient les livres (qu'il appelait « ses livres puisqu'ils portaient
son nom»), il ne vit plus qu'un seul moyen : m'éliminer de
Pour l'entreprise éditoriale cependant, celle en laquelle j'avais cru, à laquelle
je m’étais voué et à qui j'avais donné mes idées et mon énergie, c'était un
coup fatal. En somme, fin 1972, ce qui aurait pu n'être que la fin d'une
première étape, celle des combats et difficultés indispensables que nous
devions mener contre les résistances de l'édition traditionaliste française, contre
les obstacles de la distribution et contre les réticences des institutions de
prescriptions pour faire admettre et implanter, dans notre société
nord-occidentale, ce que l'on pouvait considérer comme "une autre manière
de faire de l'édition à l'intention des enfants", sonna, en fait, la fin
de l'entreprise franco-américaine d'édition et la rupture définitive de mon
association avec Citizen Q. La
séparation s'imposait puisque les rapports cordiaux, d'intelligence et de
connivences que j'avais pu autrefois partager avec mon associé, n'existaient
plus. Une séparation que Françoise Dolto ne fera, par la publication de
son article-anathème dans l'Express de la semaine du 11 au 17 décembre 1972,
que précipiter, puisque Harlin Quist en profitera pour s'en servir, pour en
rajouter dans le même sens et m'accuser, en écho avec elle, de tout ce que Aussi,
lorsqu'en janvier 1995, vingt trois années après notre séparation, alors qu'il
se savait probablement déjà malade et qu'il était venu à Paris reprendre un
élan de vie et redorer sa notoriété, – Il résidait alors chez David Mac Neal –,
et que par une lettre laconique il me re-sollicita : «To say that I am in Paris
and that, after twenty five years of silence, perhaps it's time for a civilized
conversation. If you agree, contact me at : 40 67 ... » je ne pus que hausser
les épaules et sourire en découvrant sa proposition et que le temps lui avait
paru plus long qu’il n’était. Je pensai alors qu'il n'avait pas changé, qu'il
ne changerait pas, qu'il ne pouvait pas changer, qu'il devait imaginer encore que
je l'attendais et que je pouvais que me réjouir de son offre. Aussi,
sans l'ombre d'une hésitation, je lui répondis que je n'avais rien oublié et
sous entendais que je n'avais rien pardonné. Je
pus penser alors et incline à croire, sans en être certain et sans avoir
cherché à savoir, que s'il était revenu vers moi c'était qu'en quelque sorte il
se repentait de ce qu'il avait détérioré et qu'il venait dans l'intention de
réparer ce qui pouvait l'être. Sincèrement ou non, il me faisait en tout cas,
indirectement, un beau compliment puisque, tout de même, masquant sa morgue, il
avouait sinon ses regrets du moins sa nostalgie de cette époque où nous avions
mis en commun, nos contradictoires aspirations, nos affinités, nos goûts, nos
énergies pour réaliser, à contre courant de l'édition traditionnelle, quelques
livres qui semblaient avoir marqué leur temps. Reconnaissait-il pour cela qu'il
avait encore besoin de moi et que je n'étais pas à ses yeux sans quelques
mérites?... Il
ne l'a jamais dit. Du moins pour autant que je le sache car, après sa mort, personne
parmi les illustrateurs français que nous connaissions tous deux ne m’a jamais
contacté pour m’en parler. J'avoue
que je ne me posai pas la question à ce moment-là. Harlin Quist était complètement
sorti de ma vie et, finalement, vingt trois années après, tout ce qui le
concernait, ce à quoi il aspirait, ce qu’il avait pu réussir, ce à quoi il
avait pu arriver, ce qu’il était devenu avec le temps, ce qu'il avait pu
déduire, par décantation, de notre collaboration, de mes capacités, de ma
personnalité... tout cela n'avait plus d'importance! Harlin Quist ne faisait
plus partie de mon existence. Il
s'associa alors avec Patrick Couratin et ils publièrent et republièrent
quelques livres distribués par Harmunia Mundi qui n'eurent, paraît-il pas de
succès. Je n'en eus que vaguement connaissance et ne voulus rien apprendre
de qui les avait écrits et illustrés, de ce qu'ils pouvaient contenir, de ce
qu'ils auraient pu me révéler sur les éventuels changements d'orientation
qu'aurait pu adopter ce nouvel autre Citizen Q. vieillissant... Pourtant,
contre ma volonté de ne rien savoir, il trouva encore le moyen, plus
spectaculaire que celui de forcer littéralement ma porte, pour me signifier
qu'il existait encore, qu’il était plus fort que moi et que je n'étais rien,
fils de rien et moins que rien. Peu de temps après, effectivement, par un article du Monde, de
novembre 1997, rédigé par Florence Noiville, d'après un interview que Citizen
Q. lui avait accordé, Monsieur Quist trouvait le moyen d'affirmer que
c'était à lui qu'on devait les "Quatre Contes pour enfants
de moins de trois ans" d'Eugène Ionesco, et le "Ah!
Ernesto!" de Marguerite Duras... En
portant aux nues l'Américain, – c'était décidément un tic spécifiquement inscrit
dans le registre de la presse française –, Florence Noiville reprenait les trompettes
qu'entonnaient déjà, avant elle, aussi bien Geneviève patte qu’Isabelle Jan ainsi
que toutes les embaumeuses de "La joie par les livres" pour clamer
que tout ce qui se faisait de nouveau en matière de Littérature pour Pour
ma part, cet article me permit de vérifier deux choses, la première était que j’avais
eu raison de ne pas répondre à ses dernières avances et que Citizen Q. était
égal à lui-même, qu'il ne reculait devant aucune supercherie pour «obtenir le
focus» (une de ses expressions de prédilection) et, pour la seconde, qu'en
matière de Littérature pour Pour
être honnête, je dois rapporter tout de même que cet encensement de Citizen Q.
fit du bruit et souleva l'indignation de la plupart des spécialistes français
qui me connaissaient. Je pus alors mesurer que, sans me le dire, une dizaine au
moins d’entre eux avaient toujours suivis mes efforts et, dans le match que
j’avais mené avec le Yankee, ils avaient su compter les points. Cette belle et
saine levée de boucliers, obtint pour moi, plus facilement que la lettre
d’indignation que j’écrivis à Florence Noiville, la réparation que je méritais.
Un rectificatif en hommage, salutaire et apaisant, fut publié dans le
supplément “Livres” du Monde de janvier 1998 me donnant l’occasion de remercier
vivement la journaliste. Citizen
Q. est mort en 2000 sans que nous ne nous soyons jamais revus. Sans être
cynique et en respectant sa mémoire je dois avouer que je ne le regrette pas. Article ajouté le 2007-01-17 , consulté 281 fois CommentairesObjessecefe site : http://artega.homepage24.de/page13.html | le 17/10/2007 à 07:14:22Hello. I need your help caroline de Keskili site : http://keskili.over-blog.com/ | le 23/10/2007 à 21:27:51 Je reste de toutes façons inconditionnelle de votre travail à tous deux. Merci LiensRetour aux articles |