4. LE PREMIER ALBUM D'AVANT GARDE
C'est en octobre 1964 que l'on m'offrit Where the wilds things are écrit et illustré par Maurice Sendak et publié à New York. Sur le plan graphique comme sur le plan du contenu, le livre était anti-conformiste et provocateur. Il mettait en scène un enfant effronté qui menaçait de dévorer sa mère et que l'on envoyait, par punition, au "pays des choses sauvages"Cet album surprenant, qui fut bien mal accepté à sa parution, est devenu, avec le temps, et ce n'est que justice, un des grands classiques pour la jeunesse. Il a inauguré brillamment l'ouverture d'un champ de création jusque là strictement conventionnel et très contrôlé par des idéologies prudes et, en partie encore, assez iconophobes. Pour ces prescripteurs (trices), les images faisaient partie du "langage du diable".
C'était un livre d'avant-garde! Un livre qui avec ses monstres poilus, hirsutes et braillards, n'aurait jamais pu être conçu avant la découverte et la divulgation de la psychanalyse et qui annonçait déjà L'Anti-Œdipe, le livre que Gilles Deleuze ferait praître en 1972.
L'album de Maurice Sendak, traduit en France sous le titre moins poétique mais plus populaire de Max et les Maximonstres paraîtra en 1966 aux Editions Robert Delpire puis sera repris et constamment exploité depuis par les Editions de L'Ecole des Loisirs. Il apportait, par son originalité et son refus de condescendance, non sans susciter des réactions d'hostilités cependant, une belle échappée pour nos initiatives éditoriales.


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