6. LE DANGER DES IMAGES : LE LANGAGE DU DIABLE

               
          La fabrication, et le fait de se complaire à regarder, des images, a toujours été, depuis l'apparition, au tout début de notre ère, des trois religions monothéistes,
l'occasion et l'objet de multiples controverses, contradictions, interprétations et, parfois même, encore à notre époque, la raison des plus strictes interdictions.
           Dire que nous serions sortis, parce que nous sommes envahis d'images, de cette iconophobie, serait ne pas vouloir prendre en considération toutes les diverses réticences qui sévissent encore,
en matière de littérature pour la jeunesse particulièrement, dans la plupart des diverses disciplines de neuropsychologie et dans celles de la pédagogie.
         Le fait de représenter Dieu ou ses prophètes, de s'efforcer, au plus près du vraisemblable, de reproduire la réalité ou les figures humaines, de dissocier des parties anatomiques du corps... est encore considéré, de nos jours, dans certaines maisons d'édition confessionnelle, comme usurpation provocatrice et blasphématoire.
         Selon ces extrémistes créationnistes,
à dieu seul devrait revenir et être réservé le privilège d'être créateur! L'homme qui tente de l'imiter n'est qu'un paria prétentieux qui l'offense!
       Sans m'aventurer à porter un jugement sur ces réticences plus ou moins justifiables en fonction de l'évolution de nos civilisations, reconnaissons toutefois que, corps et âme, nous sommes actuellement plongé dans la civilisation des images et que nous sommes obligés, enfants et adultes, parce qu'à des degrés divers plus ou moins concernés, d'assumer cette confrontation avec un flux, harassant souvent, d'images de toutes sortes et de toutes qualités.
       Dans notre tradition judéo-chrétienne, comme l'a si bien signalé Junod dans son livre : Transparence et opacité : essai sur les fondements théoriques de l'art moderne , l'image a toujours été associée, par suite d'un envisagement traditionnel symbolique, au corps et, d'une manière encore plus restrictive, à nos affects et à nos sens, parties les plus instinctives, les plus tribales et donc les plus suspectes de notre organisme.
              Par contre, par association, pour rétablir un équilibre nécessaire et
probablement compensateur, le texte écrit, lui, est rattaché à l'esprit, à l'intellect, donc à nos facultés les plus nobles de logique, de raison et de spiritualisation. Il est le reflet de notre capacité de pouvoir, par lévitation mentale, nous abstraire de la bestialité de notre corps, pour n'être plus, pour tout dire qu'une âme immatérielle.
        D'où mes dénominations, dans la fin des années soixante, de "Langage du diable" pour désigner le langage des images et de "braille de l'âme" pour nommer, par approches plus ou moins imparfaites, à l'aide de mots et de phrases, ce que nous tentons d'exprimer pour communiquer : la littérature.
        En disant cela, je n'avais pas l'impression d'avoir inventé quelque chose d'extraordinaire. Je reprenais ce que d'autres intellectuels bien avant moi avaient déjà cent fois dit. Sartre, Barthes, Mac Luhan entre autres!...
        Certes, nous percevons les images avec nos yeux mais nous les recevons, surtout et d'abord, avec nos facultés sensorielles d'appréhension
(nos cinq sens). C'est à dire, de prime abord, grâce à des fonctions conjointement physiologiques, organiques et biologiques. Fonctions d'affects, innées, regroupées selon un processus en réseaux de radars sensoriels que McLuhan a appelé notre "sensorium".
        Dire que ce "sensorium" primitif, quelle que soit la qualité ou la densité des images auxquelles nous pourrions être confrontés, resterait toujours, pour chacun d'entre nous, quels que soient notre niveau de culture et notre maturité psychique,
– à moins d'anomalies graves et irréparables dont souffriraient certains individus fragilisés –, en état d'alerte, de vigilance et prêt à intervenir, me semble relever de l'évidence. Ces facultés font partie du kit et nous sont données. A nous de nous en servir à bon escient!
       
Par ailleurs, ajouter que notre sensibilité affective ne peut, en aucune manière, se sentir profondément concernée, interpelée, voire menacée, par des images banales, relèverait d'une vérité de la Palisse. Encore qu'on puisse très bien imaginer que, par phobie, certaines personnes soient allergiques à certains types de représentations; Celles du chat noir par exemple qui représenterait tantôt le mauvais sort et d'autres fois l'image du Malin!
   
    Les images qui,  plus particulièrement, nous préoccupent ici, sont les images qui pourraient choquer ou blesser un individu, enfant, en bonne santé. Un enfant dit “normal” qui serait en état de devoir, et de pouvoir, conforter son identité et sa personnalité en étant confronté à des données de la réalité et du monde, concrètes ou abstraites, sublimées par la forme, selon le processus habituel des arts d'expression .
        Dans cet objectif, il me semble nécessaire de devoir rappeler qu'il faut, pour que des images nous concernent ou nous affectent, qu'elles soient porteuses et révélatrices de fortes vérités humaines pressenties et, pour cela, qu'elles aient été, avant même que nous soyons mis en leur présence, le support de charges émotionnelles – en art on pourrait dire qu'elles seraient de nature archétypales – donc caractéristiques et représentatives de notre fond humain commun, de nos réalités matérielles ou métaphysiques, colorées de nos expectatives d'attentes et de nos fantasmes...
        Je ne parlerai pas, dans cet article, des images banales, celles dites pour enfants, qui se limitent, dès leurs conceptions et leurs réalisations par l'élocuteur, à la stricte reproduction du réel, même si je sais pourtant que ce type d'images
constitue, parce qu'il a les faveurs des éditeurs traditionnels pour enfants, la panacée presque exclusive de la plupart des enfants, bien après qu'ils aient atteint l'âge de raison.
         Le décryptage de ces images équivaut, selon mes convictions pédagogiques à la recherche de la pipe ou de la casquette du chasseur dans une image brouillée à plaisir. Je ne crois pas que les jeunes lecteurs, à partir de sept ans, puissent se satisfaire, à la réception de ces images
strictement descriptives figuratives, – narratives par juxtaposition des divers unités élémentaires –, de n'avoir qu'à reconnaître les éléments d'une devinette somme toute assez simpliste. En tout cas, sans rejeter totalement cette qualité d'image et la qualité de lecture simpliste qu'elle induit, il me semble souhaitable de proposer aux jeunes lecteurs, à partir de sept ans, d'autres types d'images qui puissent leur permettre de développer d'autres facultés que celles d'attention, de mémorisation et de discrimination, selon les principes "horacien" et “aristotélicien” de reconnaissance des objets, personnages et éléments figurés.
    Sans réfuter complètement la valeur de ces exercices de reconnaissance et de mémorisation, généralement suivis par des comparaisons et des recoupements...
  je préférais faire l'impasse sur ces images simples, puisque mon travail de recherche avait suffisamment fort à faire en se préoccupant  de types d'images plus structurées, plus complexes et plus lourdes de sens, nécessitant, pour être appréciées par les jeunes lecteurs regardeurs, d'être scrutées comme des images et non plus comme si elles devraient simplement être lues   comme si elles étaient des textes racontant des histoires. Lire des textes est une chose! Percevoir des images est une autre chose!
        Cette vérité étant posée, ont donc été exclues de mes préoccupations,
parce que trop uniquement descriptives narratives, ces images expressionnistes qui me semblaient trop banalement signifiantes. Dénuées d'affectations sémiotiques implicites ou explicites,  expurgées de toute allusion d'ordre culturel : référentiel, symbolique, métaphysique, allégorique, philosophique ou politique...je les trouvais sans intérêt et pensais, parce qu'on leur réservait l'exclusivité en matière d'éducation, qu'elles étaient déphasées et ne remplissaient plus leur rôle dans la formation et la préparation des enfants à être confrontés, “avec armes et bagages”, avec toutes les contaminations des esprits offertes par notre société libérale.
        Le fait que ces images simplement narratives fassent les choux gras des illustrateurs spécialisés dans les productions pour la jeunesse ne me surprenait pas. Pour qu'on soit sûr qu'elles ne soient pas nocives, il fallait qu'elles soient simples, d'un contenu apparent immédiatement perceptible et sans arrière plans. En somme, même pour les enfants au dessus de neuf ans, on préconisait encore cette seule qualité d'images rassurantes, alors qu'elles me semblaient plutôt, pour cet âge, assez infantiles.
        On peut facilement expliquer, par la prudence, la précaution ou la discrétion, les mobiles auxquels les adultes
prescriteurs (trices) se réfèrent. La position des pédagogues et des bibliothécaires est une position d'intercession. Vis-à-vis des parents, même s'ils sont accrédités, pour ces intercesseurs, prendre un minimum de risques les obligeait, avant toute autre chose à se rassurer eux-même, en ne confrontant les enfants, au nom d'une conception toute angélique de ces derniers, qu'à des livres et à une imagerie enfantine aseptisés, qui ont fait leur preuves, qui ont reçus imprimatur et recommandations et qui sont donc impossibles, de la part de tiers, à mettre en doute.
    Suivant cette veine là, on peut très bien comprendre
pourquoi, pendant une assez longue période (de 1945 à 1965) la plupart des éditeurs, soucieux de la rentabilité de leurs investissements, ont préféré choisir tout simplement d'exploiter le filon qui leur était offert, sans souhaiter le remettre en question et sans éprouver le besoin d'innover et de proposer d'autres productions. 
          Je pense même qu'à cause de cette léthargie, personne ne souhaitait exactement savoir si ces productions comblaient vraiment les attentes des enfants et si elles correspondaient bien,
pour répondre à ses propres avancées, à ce que notre époque nous commandait de leur fournir ...
           Par contre et pour ma part, mon analyse en solitaire me portait à me préoccuper plutôt des autres qualités d'images, celles que l'on ne proposait pas aux enfants dans les livres qu'on leur destinait, alors qu'ils y étaient soumis dans la vie courante, quotidiennement, par suite de leurs confrontations avec les films, la télévision et les encarts de publicité urbaine.
        Or, ces confrontations fortuites obligeaient les enfants à appréhender ces images sauvages comme ils pouvaient, mais brutalement, sans avoir l'expérience intellectuelle requise, alors qu'elles suscitaient en eux, émotionnellement, des processus de décryptages autrement plus subtils que les processus de lecture des images de types "horacien" et "aristotélicien", (par reconnaissance, identification et discrimination analogique des figurés).
         Pour lire et interpréter ces autres types et qualités d'images, complexes, fortuites et brutales, totalement différentes de celles qu'il avait l'habitude de pratiquer, le jeune lecteur-regardeur se retrouvait, seul, face à une jungle de signaux qui happaient et captaient ses regards et l'interpelaient en l'obligeant de faire appel, sans
expérimentation, de lui-même et en lui-même mais au hasard, à des facultés de son esprit autrement moins simples que celles de l'attention, de la mémoire et du tri discriminant. 
        Ne nous leurrons pas : des images plus complexes impliquent des processus de lecture plus complexes. Avec des parts de risques évidentes. Mais que l'on ne doit pas hésiter à prendre lorsqu'on a choisi pour souci d'assumer des responsabilités éducatives. Que nous le voulions ou non, enfants y compris, nous recevons ces images plus complexes, lourdes de sens, ambiguës, provocatrices, insidieuses, référencées, allégoriques...
avec nos facultés émotionnelles nues,– sans expérience ni préparation possible lorsqu'il s'agit des enfants –, avant de pouvoir ensuite, peut-être, les appréhender, dans un second temps, avec notre intellect.
        Entre la première saisie émotionnelle et la seconde, qui peut ne jamais se manifester, l'image chemine, s'inscrit et s'installe pour faire, on ne peut savoir, quels ravages et quels dommages, avant qu'une possibilité de rétablissement logique intervienne.
        Que des clercs aient pu supposer et se soient autorisés à décider que ces images étaient dangereuses pour les enfants est compréhensible! Qu'ils aient jugé qu'elles étaient meurtrières, susceptibles de falsifier ou d'entraver leurs pulsions de vivre et leur jugement intellectuel objectif, au point même de pouvoir, à vie, perturber leur équilibre mental... est encore admissible!
        Mais, de là, à vouloir les interdire!...
        Alors que cette interdiction est impossible!..
        Dans cette alternative, ne valait-il pas mieux, sans complaisance évidemment, fournir aux enfants des expériences de lectures différentes,
basées à partir d'images différentes, chargées de contenus culturels enrichissants. Des images qui seraient composées, structurées et dotées de ces mêmes complexités intrinsèques que celles qu'ils rencontraient dans le monde adulte et qui impliqueraient, à la lecture, les mêmes processus subtilement diversifiés?...
        Ce sont ces questions là que je me posai dans le milieu des années soixante!
         En fonction de mes observations avec des enfants dans des relations pédagogiques pratiques, toutes
mes remarques me menèrent à ces conclusions : c'est parce que nous suspectons nos émotions, considérées comme spontanées, instinctives, sans recul, et mauvais juges... et parce que l'image fait appel à nos émotions avant de faire appel à notre sens critique, que nous choisissons, la plupart du temps, de nous méfier des images, de leurs impacts et de leurs pouvoirs de suggestions... et que, pour conclure, nous sommes tentés de ne plus voir que leurs risques!
           C'est en fonction de cette méfiance générale, disons même viscérale, pour ce que les images peuvent véhiculer, parce qu'elles représentaient le langage des instincts, donc du diable, qu'on a cru bon
, en tenant compte des principes de neutralité à quoi nous oblige l'enseignement laïque, de mésestimer, sans aucune réhabilitation possible, les acquisitions que pourraient apporter aux enfants l'utilisation programmée de ces images complexes dans des pratiques de lectures plurielles et diversifiées.
       Symboles, allégories, références culturelles...c'est par des principes extrémistes de précaution et de prévention, bien dérisoires en fonction de l'enjeu, que  tous ces éléments ont été éliminés de la part responsable que notre société intellectuelle doit à l'enseignement des enfants, alors que tous ces éléments sont pourtant les preuves constantes d'un indispensable re-surgissement de notre civilisation et de notre histoire humaine pour le profit de notre mémoire, de notre conscience et de notre intelligence collectives.
        Ces différents ancrages, en chacun de nous, à différents degrés, de notre civilisation sont enfouis mais latents. Ils constituent l'humus de notre intelligence collective et de nos aspirations artistiques. Comme on peut facilement l'imaginer, parce qu'ils sont plus sensibles ou parce qu'ils en font leur métier, cet humus est plus fertile en chaque artiste et en chaque savant, chercheur ou intellectuel, qu'en chacun des autres individus de notre société. Je veux dire par là, pour ce qui concerne  notre sujet, que les auteurs et les illustrateurs ont, pour vocation et pour obligation, de se référer à ces divers matériaux de notre patrimoine culturel et de s'en servir pour s'exprimer à notre intention
.
       Ces matériaux font partie de notre fonds commun et tout auteur ou tout illustrateur
, puisqu'ils en sont des receleurs privilégiés, les emploie et s'en sert pour s'exprimer, consciemment ou inconsciemment, en nous les révélant et en nous les transmettant peu ou prou.
        Sublimées, par affleurement, ces transmissions
dès qu'elles sont exprimées en images, ne peuvent s'empêcher de laisser transparaître, – donc de nous permettre de percevoir –, tout ce dont elles sont porteuses : les réminiscences païennes ou religieuses, les aspirations, les convictions, les conservatismes autoritaires ou les mouvements d'émancipation ... ces charges lourdes plus ou moins maîtrisées mais dévoilées à partir des racines profondes qui les ont inspirées.
          Par suite des derniers perfectionnements des procédés mécaniques de reproduction
des images, devant le flot incessant d'images de toutes sortes déversées sur le marché, chargées de significations multiples, hétéroclites, mal diversifiées et difficilement contrôlables, on peut comprendre que les différentes autorités laïques et religieuses, ne serait-ce que pour des raisons de défense de leur propre empire de sectorisation, se soient autorisées, dans le souci légitime de prévention et de protection des enfants et dans l'urgence et l'impossibilité d'un contrôle plus rationnelle, à une surveillance rigoureuse presque extrémiste et à une expurgation des contenus.

        Mais, ce faisant et en conséquences, ces autorités supprimaient du même coup la possibilité, dans le champ éducatif, d'encourager la fabrication et de donner place à des images, structurées de la même manière que ces images sauvages mais qui véhiculeraient des contenus plus intéressants. En somme, en se voilant la face, par refus de vouloir considérer
ces images contemporaines et en rejetant le mécanisme interne qui présidait à l'existence de ces images, ces autorités ne faisaient que se prêter au déni et au mépris total des fonctions, sens, et rôles inhérents à ces images.
         En se reportant plus en amont dans l'histoire de l'illustration (art et droit d'expression) et dans celles des considérations pédagogiques établies à l'intention aussi bien des enfants que des simples citoyens, la société en marche
prit de nombreuses initiatives dans la seconde moitié du 19ème siècle. Les principes civilisateurs s'affinaient. L'enfant et l'adulte citoyen devenaient les garants de stabilisation de l'ordre et de l'organisation sociale. Dans les suites de la Déclaration de 1789, le statut de l'enfant se précisait parallèlement à la valorisation du citoyen démocrate républicain. Toutes sortes de théories d'interdictions, bien intentionnées, souvent plus politiques, religieuses et morales que sociales, fondées sur des principes de précaution de la santé mentale de tous, s'instaurèrent qui s'accordaient souvent des droits d'intervention autoritaire. En fonction de sa malléabilité et des responsabilités que la société adulte lui devait, la jeunesse n'y échappa pas.
          Ces théories très austères et très sévèrement observées étaient bien entendu imposées
dans les méthodes d'éducation aussi bien que dans leurs applications : les productions pour la jeunesse. Mais elles l'étaient d'une manière routinière, souvent sans re-considérations en fonction de l'évolution des moeurs de nos socités dans le cours du temps. Ainsi en était-il  jusque dans le début des années soixante alors que les enfants étaient, et sont encore livrés, par ailleurs et au même moment, dans la rue ou à la télévision, à des flux d'images de qualités généralement indistinctes mais le plus souvent médiocres, perturbatrices, corruptrices et révélatrices de pulsions humaines plus que douteuses.
        Mon constat fut tout de même, en 1972, lorsque François Dolto signala, en falsifiant les données, le danger des images de ma production, qu'elle était plus clémente et plus lâchement permissive avec toutes les autres images auxquelles
les enfants étaient confrontés. Je pense particulièrement aux images dégradantes de la femme, utilisée et servie communément comme un objet sexuel et à toutes ces images pornographiques, toujours présentées d'une manière humoristique ou optimiste, comme naturelles et insignifiantes alors qu'elles ne sont que des expressions manifestes, les plus viles, d'une libido exacerbée, omniprésente, moteur compensatoire d'une industrie de marché.
         Contre ces images-là, par peur sans doute de la rétorsion juridique et par désir surtout de se faire admettre par l'establishment, Françoise Dolto se garda bien de partir en guerre. 
        Contrairement à ce que pensait Françoise Dolto où à ce que l'archevêque Vilney pensait lorsqu'il intervint pour censurer La famille Adam de Michel Tournier, illustré par Alain Letort, je ne niais donc pas le fait que
certaines images complexes et lourdes de sens, puissent embarrasser les enfants. Je savais très bien qu'à la suite de confrontations inopinées, non préparées et non averties, certaines images, même lorsqu'elles étaient simplement descriptives narratives, pouvaient exposer certains enfants, plus fragiles ou plus sensibles, à des chocs et à des répercussions psychiques fortes, parfois violentes, voire même traumatisantes. Perturbations qui pouvaient induire des séquelles et devenir, par la suite, par fixation morbide, des causes chroniques d'obsessions cauchemardesques.
            Ces faits étaient indéniables! Mais comment, sans interdire, lutter contre ces images et parer préventivement à leurs effets?...Comment échafauder, comment concevoir des
vaccins et les administrer, comment trouver des antidotes?...Comment envisager les possibilités de prévenir ces traumatismes?...
                                (avril 2005)




 


Article ajouté le 2006-03-23 , consulté 352 fois

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