1966. ADIEU GALAXIE GUTEMBERG

Dans la coulée ouverte par l'enfant terrible Max , celui des Maximonstres , tous les albums modernes qui furent publiés dans le courant de ces années soixante étaient plus ou moins indexés sur une mutation d'importance. Comme nous l'avait appris Marshall McLuhan, nous étions sorti de La Galaxie Gutenberg et vivions déjà, sans en être pleinement conscient, dans La Galaxie Marconi.

        Effectivement, nous étions sur-environnés d'images et, en publicité, ces images omniprésentes s'internationalisaient. Elles étaient devenues un vecteur d'émission-communication qui s'affranchissait des règles de l'écrit... Sans besoin d'aller vers elles, elles nous sautaient à la figure. Elles avaient pris l'offensive, mis leur grappin sur nous pour nous imposer une communication que nous ne souhaitions pas forcément mais à laquelle, à notre insu, nous étions contraints d'être confrontés.

        Passant au-dessus ou au-dessous de notre conscience, ces images établissaient un langage que nous percevions, dans une pratique de lecture spontanée et machinale, sans analyse, et qui pouvait devenir, subliminalement, un instrument de conditionnement. Les enfants en tout cas, y étaient les premiers livrés et soumis sans défenses et sans moyens de résister à son emprise. Il me sembla alors nécessaire de me servir du mal contre le mal et de faire de ce média, l'illustration, un antidote à ce flot d'images incontrôlables.



13/11/2017
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